Le burn-out toujours pas reconnu comme maladie par l’OMS

Un salarié français sur trois déclare avoir fait un burn out au cours de sa carrière. Le phénomène est si préoccupant que cet anglicisme a fait son entrée dans le langage courant. Pourtant, le burn-out n’est toujours pas reconnu comme maladie par l’OMS. Décryptage.


Imbroglio à l’OMS

Vous avez peut-être lu dans les médias que le burn-out venait de faire son entrée dans la Classification internationale des maladies de l’OMS.
Cette agence spécialisée de l'ONU a en effet annoncé la nouvelle (qui aurait été une grande première) le lundi 27 mai 2019, avant de faire marche arrière dès le lendemain…
Le 28 mai, un porte-parole de l'OMS précisait que cet état d'épuisement professionnel constitue en fait un "phénomène lié au travail" mais pas une maladie.
Finalement, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) n’a pas reconnu le burn out comme une maladie, mais a maintenu la classification précédente de ce phénomène sous le chapitre "Facteurs influençant l'état de santé".
La nouvelle classification, appelée CIP-11, entrera en vigueur le 1er janvier 2022. La Classification des maladies de l'OMS est plus importante qu’on pourrait le croire car elle fournit un langage commun grâce auquel les professionnels de la santé peuvent échanger des informations sanitaires partout dans le monde.
A noter : en France aussi, le burn-out souffre d’un manque de reconnaissance. Déjà le 7 mai 2019, la ministre du travail Muriel Pénicaud avait affirmé qu’il ne s’agissait pas d’une "maladie professionnelle". En février 2018, une proposition de loi visant à reconnaître le burn-out comme maladie professionnelle avait d’ailleurs été rejetée par l’Assemblée nationale.

Une nouvelle définition officielle

De plus, le 28 mai dernier, le porte-parole de l’OMS a déclaré que la définition du burn-out "a été modifiée à la lumière des recherches actuelles".
Ce concept, souvent traduit par épuisement professionnel en français, est décrit par l'Organisation mondiale de la santé comme "un syndrome (...) résultant d'un stress chronique au travail qui n'a pas été géré avec succès".
Toujours selon l’OMS, il se caractérise par trois éléments :
1- un sentiment d'épuisement
2- du cynisme ou des sentiments négativistes liés à son travail
3- une efficacité professionnelle réduite.
Le registre de l'OMS précise également que le burn out "fait spécifiquement référence à des phénomènes relatifs au contexte professionnel et ne doit pas être utilisé pour décrire des expériences dans d'autres domaines de la vie."
Ainsi, il est impropre de parler de "burn-out parental" pour décrire l’épuisement des jeunes parents par exemple…

5 conseils de prévention

Puisque les ravages du burn-out résultent, selon l’OMS "d'un stress chronique au travail qui n'a pas été géré avec succès", c’est sur ce facteur qu’il convient d’agir.
Voici 5 conseils pour ne pas rapporter chez soi le stress du boulot :
1- Finir sa journée "la conscience tranquille"
Même si vous n’avez pas terminé toutes les tâches en cours, prenez 15 minutes pour ranger votre bureau et planifier la journée du lendemain puis partez sans culpabiliser !
2- Passer à autre chose
Dès que vous sortez du travail, pensez à autre chose ! Écoutez la radio ou de la musique, lisez un livre ou un magazine dans les transports en commun. Descendez quelques stations plus tôt et finissez votre trajet à pied en respirant profondément pour évacuer les tensions.
3- Changer de vêtements
Cela peut paraître anodin, mais troquer ses vêtements "de travail" (son costume, son uniforme) contre une tenue plus confortable permet de passer illico de la vie professionnelle à la sphère privée. Par conséquent, dès que vous rentrez chez vous, prenez une douche et changez-vous !
4- Se relaxer
Pour détendre l’esprit, le plus efficace est de détendre le corps. À la fin d’une journée de travail, prenez le temps de pratiquer au choix :
=> quelques étirements
=> quelques exercices de respiration profonde
=> une séance de yoga axée sur la relaxation
Ces exercices de relaxation vous permettront non seulement de chasser le stress du boulot, mais aussi de soulager vos muscles douloureux après avoir adopté certaines postures ou répété certains mouvements tout au long de la journée.
5- Se déconnecter
Et bien sûr, pour bien marquer la frontière entre sphère professionnelle et sphère privée, il faut absolument rompre le contact avec le travail. Ne lisez pas vos mails ni vos SMS professionnels et ne prenez pas les appels !
Si vous devez (exceptionnellement) rapporter du travail chez vous, ne le faites pas avant d’aller vous coucher ! Cela risquerait de troubler votre sommeil. Finissez votre travail en rentrant puis passez vraiment à autre chose.

Date de création : 2019-06-04
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