Nova et Siga : deux classifications du niveau de transformation des aliments

Si vous avez l’habitude d’utiliser des applications comme Yuka ou ScanUp pour choisir les produits les plus sains au supermarché, vous avez sans doute déjà entendu parler des aliments ultra-transformés, à éviter. Mais connaissez-vous les indices Nova et Siga utilisés pour évaluer le niveau de transformation des aliments Nous vous proposons de découvrir ces deux systèmes de notation et leur intérêt pour le consommateur.


C'est quoi, l'indice Nova ?

L’idée de classer les aliments selon leur degré de transformation est relativement récente.
La première classification de ce type, baptisée Nova, a été créée au Brésil au début des années 2010, par le chercheur en santé publique Carlos Monteiro.
Ce chercheur et son équipe de l’Université de Saõ Paulo essayaient alors de mieux comprendre les facteurs à l’origine de l’augmentation spectaculaire des cas de surpoids et d’obésité au Brésil.
Ce système de classification, aujourd’hui utilisé par l’appli Open Food Facts et par les instances de santé publique, répartit les aliments en 4 groupes :
Groupe 1 : aliments non ou peu transformés, c’est-à-dire les aliments bruts ou simplement emballés sous-vide, broyés, fermentés, rôtis ou torréfiés
Groupe 2 : ingrédients culinaires (comme l’huile, le sel ou le sucre) issus de matières brutes par pressage, raffinage, broyage ou séchage. Certains minéraux et additifs sont admis.
Groupe 3 : aliments transformés fabriqués à partir de denrées des groupes 1 et 2 (légumes ou poissons en conserve, viandes fumées, fromages, pain ou plats élaborés chez soi...)
Groupe 4 : aliments ultra-transformés qui associent aux produits des précédents groupes des ingrédients industriels comme du sirop de glucose et des additifs alimentaires à visée "cosmétique" (arômes, Colorants alimentaires et exhausteurs de goût par exemple), ainsi que des procédés de fabrication industriels (chauffage à haute température ou extrusion pour obtenir une certaine texture).

C'est quoi, l'indice Siga ?

Un autre système de notation, baptisé Siga, a ensuite été proposé par une start-up pour les applications et les sites Internet mais aussi les marques de produits alimentaires.
La classification Siga est plus détaillée que le système Nova puisqu’elle comprend 7 groupes :
Groupe 1 : produits non transformés (produits bruts ou seulement pelés et/ou coupés)
Groupe 2 : produits peu transformés (produits ayant subi des traitements simples ou l’ajout d’ingrédients culinaires comme du sel, du sucre ou des matières grasses)
Groupe 3 : produits transformés équilibrés (aliments des groupes 1 et 2 avec du sucre, des matières grasses ou du sel en quantités modérées)
Groupe 4 : produits transformés gourmands (aliments des groupes 1 et 2 avec du sucre, des matières grasses ou du sel en quantités élevées)
Groupe 5 : produits ultra-transformés équilibrés (aliments proches de ceux du groupe 3, avec un seul marqueur d’ultra-transformation comme un additif ou un ingrédient industriel)
Groupe 6 : produits ultra-transformés gourmands (aliments proches de ceux du groupe 4, avec un seul marqueur d’ultra-transformation)
Groupe 7 : produits ultra-transformés à limiter (produits qui incorporent plusieurs marqueurs d’ultra-transformation).

À quoi sert la classification NOVA ?

Même si ces deux classements font référence pour identifier les Aliments ultra-transformés (AUT), leur finalité n’est pas la même.
En imaginant la classification NOVA, l’équipe de Carlos Monteiro voulait contribuer à la prévention des problèmes de santé chroniques liés à la prise de poids (obésité, diabète de type 2, maladies cardio-vasculaires…) et inciter le grand public à privilégier de "vrais" aliments, bruts ou peu transformés.
Aujourd’hui, NOVA est un outil reconnu sur le plan international pour mener des études épidémiologiques. Il est souvent cité dans les rapports de la FAO, les guides nutritionnels et les études internationales.
En France, cette classification a notamment été utilisée dans le cadre des études de la cohorte NutriNet-Santé. Depuis, diminuer sa consommation d’AUT figure dans les recommandations actualisées du PNNS.
En revanche, cet outil n’a pas été conçu pour décrypter de façon exhaustive la liste d’ingrédients des aliments. Il n’est donc pas adapté pour aider les acteurs du secteur alimentaire à améliorer leur produits.
Le système Siga a donc été créé pour répondre au besoin d’une classification utilisable par les acteurs de l’alimentaire.

Quel est l'intérêt de la classification Siga ?

Alors qu’il vivait au Brésil, Aris Christodoulou a pu constater l’évolution inquiétante de l’alimentation des Brésiliens. Il avait lui-même du mal à identifier les aliments de qualité dans les rayons des supermarchés.
C’est pourquoi, à son retour en Europe, il a décidé de créer un nouvel indice plus précis permettant de mesurer le degré de transformation de n’importe quel aliment.
Inspiré de la classification NOVA, Siga évalue les aliments selon le degré de transformation de leurs ingrédients. Il peut ainsi valoriser les recettes les plus simples et aider les consommateurs à reconnaître les Aliments ultra-transformés (AUT) à consommer avec parcimonie.
Par rapport au système NOVA, la classification Siga prend en compte des critères supplémentaires :
• le degré de transformation de tous les ingrédients
• l’évaluation du risque des ingrédients et des additifs utilisés
• les seuils nutritionnels fixés par la FSA en cas d’ajout de gras, sucre et sel dans le produit.
Dans le premier groupe par exemple, la classification NOVA ne prend pas en compte l’effet matrice. Un fruit entier est classé dans le même groupe que son jus ou sa purée. Or, de plus en plus d’études montrent l’impact de la matrice alimentaire (la structure de l’aliment) sur l’assimilation des nutriments, et donc sur la santé.
Siga propose aussi une analyse nutritionnelle des aliments transformés et distingue les aliments transformés "équilibrés" et les aliments transformés "gourmands" en fonction de la quantité de sel, sucre et gras ajoutés.
Ce système se fonde sur les seuils nutritionnels fixés par la FSA (Food Standard Agency) pour les matières grasses, le sucre et le sel.
Enfin, dans le groupe des aliments ultra-transformés, Siga tient compte du niveau d’ultra-transformation des ingrédients, de leur nombre et de leur éventuelle toxicité (autant de critères qui ne sont pas pris en compte par la classification NOVA).
La classification Siga permet ainsi de cibler les Aliments ultra-transformés les plus problématiques, contenant des substances à risque et pouvant produire un effet cocktail potentiellement dangereux pour la santé.
Cerise sur le gâteau, la start-up à l’origine de Siga propose elle aussi une application mobile pour vous aider à faire les bons choix quand vous faites vos courses ! Pour en savoir plus sur cette appli, nous vous invitons à consulter le site officiel siga.care (lien ci-dessous).

Date de création : 2021-03-23
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