OneWeb : comprendre ce projet d'Internet par satellite en 5 questions

Le 27 février 2019, les six premiers satellites OneWeb ont été lancés avec succès depuis la Guyane. Ces petits satellites constituent les premiers éléments d'une constellation qui devrait permettre de connecter le moindre recoin de la planète à Internet d'ici 2022. Nous vous proposons de mieux comprendre ce projet d'Internet par satellite en 5 questions.


1- C'est quoi, ce projet ?

Le projet OneWeb (initialement baptisé WorldVu) a été initié en 2014 par l'entrepreneur américain Greg Wyler.
Son objectif est de réduire la fracture numérique dans le monde et de fournir une connexion Internet haut débit aux habitants des régions non desservies par des liaisons terrestres.
Pour y parvenir, ce projet prévoit de créer une constellation d'environ 600 satellites de télécommunications circulant sur une orbite basse.

2- Comment ça marche ?

Le projet d'Internet par satellite OneWeb s'appuie sur une flotille de plusieurs centaines de petits satellites pesant un peu plus de 147 kg chacun et mesurant chacun un peu plus de 1m3.
Ces 648 satellites de télécommunications seront placés en orbite terrestre basse, à environ 1000 kilomètres d'altitude
21 lancements sont prévus, d'ici 2020, depuis trois bases spatiales (en Guyane, à Kourou et Sinnamary, à Baïkonour au Kazakhstan et à Vostotchny en Russie) pour mettre en place la constellation de microsatellites imaginée par Greg Wyler.
Ce projet, d'une ampleur inédite, mise sur le faible coût de fabrication en série des satellites.
Afin de minimiser l'investissement (qui représente entre 3 et 6,5 milliards US$) et de réduire les coûts, une usine a été construite en Floride dans le seul but de construire en série ces quelques 600 satellites. Malgré tout, le modèle économique de ce projet reste fragile et incertain.
Grâce à ses satellites, OneWeb pourrait fournir un accès à Internet en haut débit (environ 50 mégabits par seconde), avec un temps de latence minimal de 50 millisecondes à partir de 2022.
Une fois le réseau en place, la connexion pourra se faire en utilisant les protocoles 3G, LTE, 5G et WiFi.

3- À quoi va-t-il servir ?

Le projet OneWeb, qui a noué un partenariat avec Airbus, ambitionne de fournir Internet à haut débit partout dans le monde (air, terre et mer).
Ce projet vise un large éventail de marchés, dont le secteur aéronautique et maritime, les liaisons cellulaires, le wi-fi communautaire et les services de communication d'urgence.
Il s'adresse aussi aux centaines de millions d'usagers potentiels qui vivent dans des régions trop isolées pour bénéficier du réseau terrestre.
Greg Wyler a ainsi promis de développer "un Internet universel", disponible quelle que soit la région du monde, y compris dans les nombreuses parties du globe ignorées par la fibre.

4- Où en est ce projet ?

En 2015, OneWeb a confié à la société Arianespace le déploiement de la phase initiale, comprenant 21 lancements avec la fusée Soyouz.
Six satellites prototypes, fabriqués à Toulouse par OneWeb Satellites (une co-entreprise fondée par OneWeb et Airbus Defence and Space), ont été placés en orbite le 27 février 2019 par une fusée Soyouz décollant depuis Sinnamary en Guyane.
"OneWeb" est ainsi devenu le premier des nombreux projets de méga-constellations de satellites à être déployé.
Si cet essai est concluant, plusieurs centaines d'engins seront envoyés autour de la Terre d'ici la fin de l'année. Les prochains lancements (en grande partie menés par Arianespace) se feront par groupes d'une trentaine de satellites.
À l'occasion du premier lancement le 27 février dernier, l'entreprise a également annoncé avoir signé un contrat avec deux premiers clients, qui vont déployer des services en Afrique et au Moyen-Orient : Talia et Intermatica.

5- Quels sont ses concurrents ?

Bien qu'il soit soutenu par des géants comme Virgin, Coca Cola, Airbus et Qualcomm, OneWeb n'est pas le seul projet d'Internet par satellite.
Il devra faire face à la concurrence d'autres constellations ainsi que des réseaux terrestres.
Il compte parmi ses concurrents Elon Musk avec SpaceX, mais aussi Google et le Canadien Télésat.
Mais son concurrent le plus sérieux est sans doute SpaceX, qui travaille actuellement à Starlink, une constellation de plus de mille satellites en orbite très basse.
Le rêve de connecter toute la planète en haut débit pourrait bientôt poser problème, si les constellations de satellites se multiplient au point de saturer l'espace...

Date de création : 2019-03-27
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