Cannabis : les coffee shops en France en 5 questions

Alors que la légalisation du cannabis, à usage médical ou récréatif, fait encore débat en France, de nombreux "coffee-shops" ont fleuri aux quatre coins de France au cours du mois de juin. Le buzz autour de ces nouveaux commerces a été tel qu'il a obligé la mission interministérielle de lutte contre les drogues à publier une mise au point juridique. Nous vous proposons d'en savoir plus sur les coffee shops en France en 5 questions.


1- S'agit-il de coffee-shops comme à Amsterdam ?

Les coffee shops en France n'ont rien à voir avec ceux que l'on trouve à Amsterdam car la loi française l'interdit.
Ce ne sont pas des cafés où les clients viennent boire un verre et fumer du cannabis mais plutôt des boutiques proposant des produits à infuser, à manger ou à appliquer sur la peau sous forme de crème, de baume ou d'huile...
Au cours des derniers mois, des dizaines de magasins de ce type sont apparus en France, d'abord à Besançon en octobre 2017, puis à Lille, Epinal, Puteaux, Vesoul, Nancy et Metz, ainsi que dans le 11e arrondissement de Paris.
L'enseigne Biokonopia, qui gère trois magasins en Suisse, a par ailleurs décidé de se lancer sur le très prometteur marché français.
Ces commerces exploitent le flou juridique qui encadre la consommation de cannabidiol ou CBD, un cannabinoïde présent dans le cannabis mais dépourvu des effets psychoactifs de la plante.
La particularité des plantes utilisées est qu'elles ne contiennent qu'une dose infime de THC, la molécule à l'effet psychotrope.

2- Que trouve-t-on dans ces commerces ?

Concrètement, on trouve dans ces coffee shops à la française toute une gamme de produits contenant du cannabidiol (CBD) : sirop, huile, infusions, chocolat, bonbons, miel mais aussi spray, crèmes à appliquer sur la peau et même shampoing ...
Ces échoppes s'inspirent de ce qui existe en Suisse où la vente de produits à base de CBD est devenue courante.
Il faut dire que dans ce pays le cannabis n'est considéré comme un stupéfiant qu'au-delà d'un taux de 1% de THC et que les médicaments à base de cannabis y sont pris en charge par l'assurance maladie.
L'enseigne suisse Biokonopia explique : "Nous avons plus de 500 références de produits à partir de cannabis et seulement huit sont à fumer, vendus sous l’appellation de substitut de tabac. Les gens qui viennent ne sont pas des fumeurs, ils veulent bénéficier des bienfaits de la plante."

3- Quel effet en attendre ?

Contrairement au THC qui fait planer, le CBD n'a pas d'effet psychotrope.
En revanche, il aurait des propriétés relaxantes, décontractantes et antidouleur.
C'est cet effet apaisant qui aurait attiré les foules dans les coffee shops de France ces dernières semaines.
Mais la réalité de ces effets "thérapeutiques" fait toujours débat au sein de la communauté médicale.
Actuellement, un seul médicament cannabinoïde possède une autorisation de mise sur le marché en France : le Sativex, recommandé contre la spasticité et la sclérose en plaques.
Le dronabinol et le cannabidiol, utilisés en cas de douleurs neuropathiques réfractaires aux traitements classiques ou d'épilepsies, nécessitent une autorisation temporaire nominative (procédure permettant de mettre à disposition de certains patients un médicament n'ayant pas d'autorisation de mise sur le marché).
La Direction générale de la santé (DGS) insiste sur le fait qu'"aucune vertu thérapeutique ne peut être revendiquée par les fabricants et vendeurs de produits contenant du CBD".

4- Pourquoi ça pose problème ?

Les premiers coffee shops de France sont dans le collimateur des autorités car ils risquent d'entretenir la confusion entre cannabis et CBD, et donc de faire la promotion du cannabis.
De plus, à l'oeil nu, il est impossible de distinguer le cannabis "classique" de celui ne contenant pas de THC. Les deux herbes ont la même odeur et le même aspect, et seule une analyse chimique permet de faire la différence.
On peut donc craindre des dérives de la part de ces nouveaux commerçants.
Enfin, la communauté médicale n'a pas encore déterminé si le CBD crée une dépendance

5- Que dit la législation actuelle ?

L'ouverture ces dernières semaines d'échoppes vendant des produits à base de CBD et le buzz que cette information a suscité ont poussé la mission interministérielle de lutte contre les drogues (Mildeca) à publier un communiqué sur le sujet.
Cette mise au point est un rappel à la loi sévère et met un grand nombre de ces coffee shops hors la loi.
Ce communiqué indique en effet que :
=> le CBD est autorisé en France à condition d'être extrait de plants de chanvre dont la teneur en THC est inférieure à 0,2%.
=> ce seuil à respecter ne correspond pas au taux de THC dans le produit fini mais dans la plante elle-même.
=> les produits à base de CBD sont purement et simplement interdits s'ils contiennent du THC, quel que soit le taux.
=> seules les graines et les fibres de la plante peuvent être utilisées. L'utilisation des fleurs est quant à elle interdite.
=> les seuls produits contenant du THC et du CBD pouvant revendiquer des allégations thérapeutiques sont les médicaments autorisés par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé ou la Commission européenne.

Date de création : 2018-06-25
Auteur :

0 Avis

Pas encore d'avis.

Déposer un avis

CGU - Gralon - Confidentialité
Accéder au site complet
© Gralon 2011-2019