Cirque : bientôt des cirques sans animaux sauvages ?

Depuis quelques années, la présence d'espèces sauvages comme les lions ou les éléphants dans les spectacles de cirque suscite la polémique. Alors que certaines villes et certains pays choisissent d'instaurer une interdiction pure et simple, les grands noms du cirque sont amenés à réinventer leur art. Verra-t-on bientôt se généraliser les cirques sans animaux sauvages Éléments de réponse.


La question divise l'opinion

Cela fait déjà quelques années que la polémique est vive entre les partisans du cirque traditionnel, avec des animaux domestiques voire sauvages, et les défenseurs de la cause animale qui estiment qu'aucun animal sauvage n'a sa place dans un cirque.
Le public aussi se divise et choisit avec soin son type de spectacle : si certains spectateurs vont au cirque pour montrer à leurs enfants des fauves et des éléphants, d'autres plébiscitent au contraire les cirques sans animaux sauvages, voire sans aucun animal...

La législation évolue en France et en Europe

En réponse à cette polémique, certaines villes ou certains pays ont fait le choix d'interdire les espèces sauvages dans les cirques.
À ce jour, 28 pays dont l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal et la Suède ont opté pour une interdiction totale.
En France, 335 communes ont également fait ce choix, notamment : Ajaccio, Bastia, Grenoble, Rennes ou Saint-Etienne.
À Paris, la maire Anne Hidalgo s'est prononcée en 2017 en faveur d'une telle interdiction. Mais cette mesure n'est toujours pas entrée en vigueur dans la capitale.

Les spectacles se renouvellent

Pour s'adapter à l'évolution des mentalités, les grandes institutions circassiennes ont décidé de faire évoluer leurs spectacles.
Arlette Gruss, le plus grand cirque itinérant d'Europe, présentait encore des tigres et des éléphants à ses spectateurs l'année dernière.
Mais dans son nouveau spectacle L'Étoile en héritage, ces animaux sauvages ont été remplacés par des animaux domestiques tels que des chiens, des chevaux et des poneys (ainsi que par quelques otaries et pingouins).
Par ailleurs, les spectacles se renouvellent en proposant des numéros d'un genre nouveau, comme celui de l'homme-laser véritable "feu d'artifice technologique" ou celui de l'acrobate Kevin Gruss qui a remplacé ses traditionnelles sangles par des chaînes.

Les animaux laissent place à d'autres stars

Dans d'autres cirques, comme le cirque Pinder, les animaux sauvages sont moins présents... pour des raisons essentiellement financières.
En effet, entretenir une ménagerie coûte extrêmement cher, en nourriture et en soins quotidiens. C'est pourquoi, le nouveau spectacle (entièrement repensé après la mise en liquidation judiciaire du printemps 2018) met à l'honneur les jeunes artistes et se limite, en ce qui concerne les animaux, à quelques chevaux.
Après l'émotion suscitée en 2017 par l'évasion d'une de ses tigresses dans les rues de Paris, le Cirque Bormann Moreno a choisi de confier ses six félins restants à un dompteur italien.
Dans son nouveau spectacle, les fauves ont été remplacés par de (faux) dinosaures plus vrais que nature, d'où le titre du spectacle : "Juracirque" !
Bien sûr, un tel revirement constitue une prise de risque à laquelle certains cirques se refusent encore.
Parmi ceux qui résistent au changement, le Cirque d'Hiver Bouglione, continue d'alterner dans les spectacles les éléphants une année et les fauves l'année suivante.

Un Pinderland en Seine-et-Marne

Quant à Gilbert Edelstein, propriétaire du cirque Pinder, il rêve d'ouvrir un parc à thème dédié aux arts du cirque dans sa propriété de 130 hectares en Seine-et-Marne.
Dans ce Pinderland, qui devrait ouvrir en juin 2019, les visiteurs pourront admirer d'anciennes stars du cirque à la retraite : des animaux sauvages en semi-liberté dans une grande prairie.
Ils pourront également assister à des spectacles, visiter le musée Pinder et même se former aux arts du cirque. Au programme : des ateliers de jonglerie, d'équilibre sur boule, sur rolla-bolla, acrobatie au sol, équilibre sur fil...
Une autre preuve que le cirque change mais reste un art bien vivant !

Date de création : 2019-04-16
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