Coronavirus : attention, les visières ne vous protègent pas !

Légères, transparentes et réutilisables, les visières et mini-visières en plastique sont parfois portées à la place des masques chirurgicaux ou en tissu. Mais attention : elles sont beaucoup moins efficaces pour vous protéger et protéger les autres du coronavirus. On vous explique pourquoi elles ne remplacent pas les masques et exposent leurs porteurs à une amende dans les lieux où le port du masque est obligatoire.


De quoi s’agit-il ?

En France, le port du masque est obligatoire dans les lieux publics clos depuis le 20 juillet 2020. Or, les personnes qui ont du mal à s’habituer aux masques chirurgicaux ou en tissu remplacent parfois cette protection par une visière transparente en plastique.
Il peut s’agir d’une grande visière (aussi appelée "écran facial"), composée d’un serre-tête et d’un écran transparent en polycarbonate recouvrant le visage. Encadré par la norme européenne NF EN 166, ce dispositif est censé empêcher les projections de liquide au niveau du visage.
De plus, depuis plusieurs semaines, on a vu fleurir sur le web, à la télévision et dans les restaurants des mini-visières transparentes ou visières de menton qui ne couvrent que le bas du visage.
Jugés moins contraignants que les masques chirurgicaux ou en tissu qui obstruent le nez et la bouche, ces dispositifs séduisent certains commerçants, restaurateurs ou particuliers car :
=> ils laissent visible le visage du porteur
=> ils facilitent la communication avec la clientèle
=> ils permettent aux personnes malentendantes de lire sur les lèvres.
Mais ont-elles une vraie utilité pour empêcher la transmission du coronavirus

Quelle est leur efficacité ?

Les visières en plastique classiques et les visières de menton ne sont pas considérées comme des masques de protection. "Elles n’ont pas pour vocation de remplacer les masques pour le grand public", explique le gouvernement sur son site.
Quand elles couvrent l'ensemble du visage, elles peuvent compléter le masque comme "un moyen supplémentaire de protection face aux virus transmis par les gouttelettes", mais pas le remplacer.
En effet, ce type de visière arrête les projections directes de grosses gouttelettes émises par une personne face à vous, notamment quand elle tousse. Mais ce dispositif, qui n’est pas ajusté au visage, est inutile face à des gouttelettes aéroportées en milieu confiné.
Une étude de chercheurs de l’université Florida Atlantic parue le 1er septembre 2020 dans la revue américaine Physics of Fluids a confirmé que les projections vers l’avant sont bien stoppées par la visière de protection, mais que des gouttelettes s’échappent facilement par le dessous et les côtés de la visière, pour se répandre sur une "large surface" environnante.
Les visières (et plus encore les mini-visières) n’offrent pas une protection suffisante, ni pour la personne porteuse, ni pour les personnes qu'elle rencontre. Le Dr Christian Lehmann, écrivain et médecin dans les Yvelines qui tient une chronique pour Libération a dénoncé sur Twitter ces "protections" illusoires qui ne protègent rien ni personne et servent juste à pulvériser en jet lorsque le porteur tousse ou éternue :


En résumé, les visières sont beaucoup moins efficaces que des masques chirurgicaux pour empêcher la diffusion du coronavirus. C’est pourquoi elles exposent leurs porteurs à une amende dans les lieux où le port du masque est obligatoire.

Dans quels cas porter la visière ?

La visière classique est un dispositif de protection des yeux et du visage qui doit être utilisé uniquement en complément du port d’un masque, comme l’a rappelé le Haut Conseil pour la santé publique (HCSP) dans un avis rendu en mai.
Elle peut ainsi être utilisée en complément du masque dans certaines situations professionnelles nécessitant la protection du visage et des yeux, notamment :
=> pour les personnes qui travaillent en milieu hospitalier
=> pour les personnes en contact avec du public, comme les commerçants et le personnel d’accueil.
Mais, à partir du moment où tout le monde porte un masque dans un groupe, il n’y a pas besoin de porter une visière.
Seule exception à la règle, la visière peut se substituer au masque pour les personnes "dont le handicap le rend difficilement supportable".
Il faut alors se munir d’un certificat médical justifiant de son handicap et de cette impossibilité de porter le masque pour échapper à une amende de 135 euros dans tous les lieux où le masque est obligatoire, par exemple dans les gares et les trains.
Même dans ce cas, retenez que la visière ne protège pas de la même façon qu’un masque. C’est pourquoi, pour les personnes malentendantes qui auraient besoin de lire sur les lèvres, il est plutôt recommandé d’utiliser un masque à fenêtre transparente beaucoup plus efficace.
Enfin, le gouvernement rappelle que le port d’une visière, même en complément d’un masque, ne dispense pas d’une application rigoureuse des gestes barrières, c’est-à-dire de l’hygiène des mains et du respect de la distanciation sociale.

Date de création : 2020-10-13
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